65 - Le Castrum Bigorra de Saint-Lézer.
Sur les coteaux boisés du plateau de Ger, au coeur du Val d'Adour demeure le village de Saint-Lézer. Ancienne capitale de la Bigorre le sentier archéologique du Castelbieilh offre la possibilité de parcourir en quelques foulées 3 000 ans d'histoire. Peuplées par d'antiques tribus d'Aquitains, conquise par les puissantes légions romaines où encore siège des seigneurs au moyen-âge, Saint-Lézer offre une plongée à travers le temps dans un cadre champêtre préservé.
Saint-Lézer.
Un petit parking à côté du prieuré sert de point de départ à la balade. Des panneaux expliquent brièvement les origines du site et l'itinéraire balisé à emprunter pour découvrir les vestiges d'un lointain passé. C'est parti pour la découverte de ses trésors d'archéologie, une superbe remontée dans le temps sur une terre foulée avant nous par des hommes ayant vécu les débuts de l'humanité.
Nous longeons le cimetière pour gagner un chemin qui passe près d'une église aujourd'hui détruite. Nous suivons la signalisation qui nous conduit au pied du Tuco (motte féodale). Cette construction due à la main de l'homme serait particulièrement ancienne et pourrait dater de l'âge du cuivre soit plus de 3 000 ans. Sa situation géographique donnant un point de vue remarquable sur la plaine. Malheureusement la végétation masque le paysage.
Chaque tribu avait son oppidum. C’était un lieu fortifié par des travaux de terrassement (murs, talus et fossés de terre) dans un site naturellement protégé par son isolement et sa hauteur : crête de colline, colline dressée au milieu d’une plaine, piton sur un plateau. L’oppidum était l’endroit des réunions diverses et servait en particulier à se protéger d’un adversaire, mettre en sécurité leurs denrées ou encore tenir les marchés. C’était, aussi souvent, un lieu de culte. Autour des principaux oppidiums, se créèrent les villes dont les romains firent les chefs-lieux des. Plus tard, roi seigneurs Mérovingiens, s’installeront, eux aussi, auprès des oppidiums.
Localement, le plus important étant celui de St Lézer qui offrait près de cinq hectares de surface d’occupation protégée Il est le seul qui fut, en période gallo-romaine, renforcé d’une muraille.
Cintrant le tuco nous découvrons les fragments de murailles gallo-romaines sur les versants de la colline du Castelbieilh. L'enceinte primitive a probablement été construite au II e siècle puis transformée au cours des suivants. Elle mesurait sept mètres d'épaisseur pour autant de haut pour presque un kilomètre de long.
A un autre endroit, le ruissellement et les glissements de terrain ont déplacé ses immenses blocs de plusieurs mètres au fil des siècles. Des sections aux dimensions colossales laissent imaginer l'aspect impressionnant que devaient avoir les murailles lorsqu'elles étaient debouts.
La nature reprend inexorablement ces droits et le temps ou les murailles jouaient un rôle défensif pour la cité semble bien lointain.
A St-Lézer, il subsiste un chemin dont la chaussée est faite d’un radier de galets non ajustés, grossièrement répartis, sur lequel une couche imperméable de cailloutis mêlé d’argile, supporte une couverture de gravier et d’argile damés, extrêmement solide. Ce chemin mesure 5 mètres entre les deux fossés. On le retrouve intact sur 2,5 Km, s’enfonçant droit dans le bois qui couvre la crête reliant Montaner et l’oppidum de Bigorre malgré la rusticité de sa construction, aucun arbre n’a pris racine sur cette route abandonnée depuis longtemps ce fait est pour le moins remarquable.
A St-Lézer, il subsiste un chemin dont la chaussée est faite d’un radier de galets non ajustés,
grossièrement répartis, sur lequel une couche imperméable de cailloutis mêlé d’argile, supporte une couverture
de gravier et d’argile damés, extrêmement solide. Ce chemin mesure 5 mètres entre les deux fossés. On le
retrouve intact sur 2,5 Km, s’enfonçant droit dans le bois qui couvre la crête reliant Montaner et l’oppidum
de Bigorre Malgré la rusticité de sa construction, aucun arbre n’a pris racine sur cette route abandonnée
depuis longtemps ce fait est pour le moins remarquable. (3)
Retour au point de départ ou l'on découvre un antique four à chaud, vestige d’un four de fondeur de cuivre. De nombreuses traces de laitier de fer, déchet laissé par les forgerons qui élaboraient et travaillaient ce métal dont ils tiraient des outils, des armes et des clous. Du laitier de faible densité, trouvé à St-Lézer permet de penser qu’on y coula du verre.
Une table d'orientation permet de situer les hauts sommets pyrénéens tandis que de l'autre côté le val d'Adour dévoile son immense plaine.
Nous bouclons notre voyage dans le temps sur la place du départ et retrouvons le prieuré clunisien du XVIIIe siècle ainsi que l'église avec son retable et ses boiseries.
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